Si vous cherchez à faire imprimer des chandails pour votre équipe, la même question revient partout : DTF ou sérigraphie. Le problème, c’est que la page qui répond à cette question en français au Canada est écrite par un fabricant d’imprimantes.
En août 2026, le premier résultat sur « dtf ou sérigraphie » au Canada, c’est xTool. xTool vend des machines de découpe laser et des imprimantes UV. Sa page compare les deux techniques, puis propose de réserver une visite en salle de montre.
J’imprime en DTF à Montréal et je ne fais pas de sérigraphie. Autant le dire tout de suite, j’ai un intérêt dans la réponse. Ce que je peux faire, c’est donner les chiffres que les autres pages ne donnent pas, et dire quand la sérigraphie reste le meilleur choix.
Ce que le DTF fait sur un chandail
Le DTF, c’est de l’impression sur film. Le motif part sur une pellicule avec une couche de poudre adhésive, puis passe à la presse à chaud sur le vêtement. Il n’y a pas d’écran à fabriquer et le fichier va directement de l’ordinateur à l’imprimante.
La sérigraphie fonctionne autrement. Chaque couleur du motif demande son propre écran, fabriqué à la main pour cette commande précise. C’est un coût fixe qui existe avant que le premier chandail soit imprimé, et il explique la plus grande partie de l’écart de prix entre les deux techniques en petite quantité.
La question du lavage, et pourquoi personne n’a la réponse
Tout le monde veut savoir combien de lavages ça tient. J’ai relevé ce que répondent les pages classées en première page de Google au Canada en août 2026.
| Source | Ce qu’elle vend | Durée annoncée |
|---|---|---|
| InkSonic | encre et film DTF | 80 à 100 lavages |
| xTool | imprimantes | 50 à 100 lavages |
| gisors.print-impression.com | impression (France) | 40 à 60 lavages |
| T-Shirt Elephant | impression (Toronto) | sérigraphie 100+, DTF 50 à 60+ |
| Button Bros | impression | DTF 100+, sérigraphie 50 à 100+ |
| dtfprint.me | transferts DTF | 50 à 80 lavages |
| Sherpa | film DTF (France) | refuse de donner un chiffre |
Regardez les deux lignes du milieu. T-Shirt Elephant écrit que la sérigraphie tient plus longtemps que le DTF. Button Bros écrit exactement l’inverse, avec les chiffres inversés eux aussi. Les deux vendent de l’impression sur vêtement, les deux sortent sur la même recherche, et aucune des deux ne montre de test.
Sherpa est le cas le plus intéressant de la liste. C’est un fournisseur de film DTF, donc une entreprise qui aurait tout intérêt à annoncer un gros chiffre, et sa page refuse d’en donner un. Elle explique que la durabilité réelle dépend de trop de variables pour se résumer à un nombre.
Je n’ai pas fait ce test non plus. Tant que je ne l’aurai pas fait, je n’ajouterai pas un dixième chiffre à cette liste. Ce que je peux décrire, c’est ce qui abîme une impression DTF, parce que ça, je le vois passer.
Le toucher, et la question derrière « ça fait autocollant »
C’est la critique qu’on entend le plus sur le DTF, et elle a un fond de vrai. Sur les forums d’imprimeurs, la formule revient telle quelle : ça donne l’impression d’un autocollant posé sur le chandail.
La nuance que les pages de vente ne font pas, c’est que le toucher dépend de la surface couverte et pas de la technique. Un logo de quatre pouces sur la poitrine gauche, vous ne le sentez pas en portant le chandail. Un aplat plein format de quatorze pouces dans le dos, vous le sentez, et le tissu tombe moins bien.
Pour un logo d’entreprise, on est presque toujours dans le premier cas.
Le polyester, et le problème dont personne ne parle
Voici ce que j’ai cherché sur toutes les pages classées en tête, sans jamais le trouver. Printful n’en parle pas. Printify non plus. Le sujet est absent du contenu destiné aux acheteurs, alors que les groupes d’imprimeurs en discutent constamment.
La migration de teinture, c’est quand la couleur du vêtement remonte à travers l’impression, après la presse ou après quelques lavages. Sur un chandail de polyester rouge avec un logo blanc, le blanc vire au rose. Ça se produit des semaines plus tard, quand la commande est déjà distribuée à l’équipe et que plus personne ne pense à l’impression.
Un fournisseur français vend même un film spécifique contre ce problème, ce qui montre bien qu’il est connu du métier. Mais la personne qui commande quarante chandails pour son gym ne lit pas les forums d’imprimeurs, et aucune page grand public ne l’avertit.
C’est une des raisons pour lesquelles je travaille en coton pour les commandes d’entreprise. Si vous avez besoin de polyester, surtout en rouge ou en marine, écrivez-moi avant de commander plutôt qu’après.
Quand la sérigraphie est le bon choix
Il y a des cas où la sérigraphie bat le DTF sans discussion.
- Les très grandes séries, où le coût des écrans se répartit sur des centaines de pièces et devient négligeable.
- Les aplats de couleur unie sur de grandes surfaces, où l’encre de sérigraphie donne un rendu plus mat.
- Les commandes qui se répètent à l’identique pendant des années, parce que les écrans se réutilisent.
- Certains tissus techniques que le DTF gère mal.
Je ne fais pas de sérigraphie. Si votre commande tombe dans un de ces cas, un atelier spécialisé va vous servir mieux que moi, et je préfère vous le dire avant que vous payiez.
Ce que ça change pour une commande de 12 à 100 chandails
Printful, dont la page sur cette question sort deuxième au Canada, écrit noir sur blanc que sa sérigraphie commence à 500 pièces. Au Québec, TonAtelier démarre la sienne à 24 unités et Studio Intik à 25.
Pour une commande de 12 à 100 chandails, la question se règle donc souvent toute seule. En dessous d’un certain volume, la plupart des ateliers refusent simplement la commande en sérigraphie, ou facturent les écrans en plus.
C’est exactement le trou que le DTF remplit. Chez Couleva le minimum est de 12 chandails, le prix part de 24,99 $ l’unité et descend à 16,99 $ à partir de 100. Il n’y a pas de frais de mise en route, parce qu’il n’y a pas d’écran à fabriquer. Le prix s’affiche en ligne, sans soumission à demander.
Comment on lave ça, au Québec
La meilleure page d’entretien DTF en français vient de France. Elle conseille de laver à 30 ou 40 degrés et d’éviter la sécheuse. Le conseil est bon, sauf que les laveuses d’ici ne sont pas graduées en degrés et que la sécheuse fait partie de la routine dans à peu près tous les foyers.
Traduit en réalité québécoise : lavez à l’eau froide, chandail à l’envers. La sécheuse à basse température ne pose pas de problème. Ce qui tue une impression DTF, c’est le fer posé directement dessus et le séchage à très haute température.
Pour un uniforme de restaurant ou de gym lavé en industriel, à l’eau chaude et avec de l’eau de Javel, c’est une autre histoire. Dites-le-moi avant la commande, parce que ça change ce que je vais vous recommander comme vêtement.
Questions fréquentes
Combien de lavages tient une impression DTF ?
Les chiffres qui circulent vont de 40 à 150 lavages selon la source, et aucune de ces sources ne publie de test. Je n'ai pas fait ce test non plus, donc je ne donne pas de chiffre. Ce qui abîme une impression, c'est le fer posé dessus et le séchage à très haute température.
Est-ce que le DTF fonctionne sur le polyester ?
Oui, mais la couleur du vêtement peut remonter à travers l'impression après quelques lavages. Sur un polyester rouge avec un logo blanc, le blanc vire au rose. Écrivez-moi avant de commander si votre vêtement est en polyester de couleur foncée.
Faites-vous de la sérigraphie ?
Non. J'imprime uniquement en DTF, à Montréal. Si votre commande demande de la sérigraphie, un atelier spécialisé va vous servir mieux que moi.
À partir de combien de chandails est-ce que ça vaut la peine ?
Le minimum est de 12 chandails, et le prix par unité baisse par palier jusqu’à 100. Le prix s’affiche en ligne sans passer par une soumission.
